Troisième jour en Catalogne, à une heure et demie de la frontière française au nord-est de l’Espagne, sur le site dont je ne me rappelle jamais le nom… Le site de Sadernes.

On s’est chauffés dans un 6A+ qui ressemblait plus à du 6B que du 6A+. Il était quand même assez retors et on s’est bien régalés, c’était magnifique ! Que des petits plats et tout… J’ai fait un film à la GoPro. D’ailleurs, voici le lien, on verra si vous trouvez la côte !

 

Je grimpe jusqu’au relais… au deuxième essai 

Je viens de clipper le relais d’une 7A. Je suis très content parce que j’ai bien lutté. En fait, c’est un site que je ne connais pas trop, dévers sur petits trous, physique et pas simple en fait. Bon, après, pas besoin de trouver d’excuses non plus. J’ai juste travaillé. Je suis parti pour enchaîner. J’ai vu que je n’y arrivais pas, j’ai pris un vol, deux vols.

Après, j’ai fait du point à point et le crux, je l’ai sorti au deuxième essai ! Derrière le crux, il y a encore un pas. J’ai vu hier des mecs tomber dedans et en fait, je l’ai sorti du premier coup, c’est cool !

Je suis par contre déjà bien fatigué, donc il va falloir que je me repose. Je vais laisser partir ma partenaire. On va voir si elle se sent de le tenter…

 

Bien définir tes objectifs de grimpe

Je viens d’enchaîner au deuxième essai mon projet de la journée : un 7A magnifique ! Une section en bas un peu dalleuse dans le 6C, puis, après, ça passe en dévers. Sur les quinze derniers mètres, facile, 1, 2, 3, 4, 5, 6 dégaines, je suis reparti. Je me suis bien reposé entre les deux runs. J’étais vraiment motivé, parce que ma partenaire est partie dedans en moulinette. Pour elle, c’est le niveau surmax. Elle est partie dedans pour voir si ça bougeait et elle a juste totalement randonné tout le bas jusqu’au crux.

Le crux, c’est deux mètres cinquante sous le relais. Bon, là, elle n’a pas réussi, mais tout le reste elle l’a vraiment super bien grimpé. Du coup, ça m’a foutu la pression, faut l’avouer. Je me suis dit : “ bon, là, il faut que j’y aille ” dans le bon état d’esprit.

La mise en condition 

Donc je me suis mis en condition. Je suis parti, j’étais bien et je me suis parlé tout le long. C’était super. J’ai réussi à grimper. Pas totalement libéré comme si j’étais en moule, mais presque, zéro peur. Ce qui est fou, c’est ça ! C’est que je n’ai pas peur quand je tombe,  mais parfois, je suis submergé par la peur de la peur ! La peur de te retrouver tétanisé avec le point qui est devant toi que tu ne peux pas clipper ! Tu commences à croire que tu vas mourir et c’est cet état-là qui, en fait, nous fait le plus peur ! C’est celui-là qu’on veut absolument éviter.

C’est fini, parce qu’on est tous bien crevés. On a quand même fait pas mal de voies aujourd’hui.

Pour aller jusqu’au bout 

C’était la fin du troisième jour… On va rentrer tranquillement. On est contents. C’est ça qui compte, c’est d’être allés jusqu’au bout… Je m’étais dit : “ Si jamais je rate l’enchaînement, je tomberai dans le mouv’ ”. C’était mon deuxième objectif.

Du coup, en ayant ces deux objectifs-là, je ne pouvais pas avoir d’échec :

  • soit je réussissais à enchaîner – c’est ce qui s’est passé – ;
  • soit je tombais dans le mouv, et c’est une forme de réussite, parce que tomber dans le mouv ça veut dire que tu n’es pas concentré sur la chute. Tu es concentré sur tes mouvs et tu tombes quand tu tombes et de toutes façons, il ne se passe rien.

 

Le plaisir de l’enchaînement

Il y a un truc que je veux rajouter, qui est vraiment intéressant, c’est le plaisir de l’enchaînement. C’est vraiment un truc qu’on ne fait pas assez, quand on grimpe en salle, on a tendance à grimper tout le temps à vue. C’est vrai aussi en falaise.

Pendant longtemps, je ne faisais que du “ à vue ”. Je ne travaillais pas les voies et je ne les refaisais pas. Même si je n’avais pas vraiment réussi, même si j’avais pris un plomb ou que je m’étais arrêté, je n’allais pas refaire la voie. Je pense que c’est une erreur, parce que refaire la voie, c’est :

  1.  très bon pour apprendre. On se rend compte déjà de sa progression, donc c’est hyper motivant et on apprend à imprégner les mouvements, les techniques dans notre bagage technique d’escalade ;
  2. ça permet vraiment de se procurer ce plaisir de l’enchaînement qui est vraiment super intense. C’est-à-dire que, là, je viens de finir ma voie, je pense que j’ai un plaisir qui est largement supérieur que si je l’avais fait à vue au premier essai. Pourquoi ? Parce que je l’ai bossé, parce que j’avais le stress de l’enchaînement et parce que j’y suis retourné en me disant : ” allez ! j’y vais ! “. Je me suis mis des objectifs, en tapant dans la main de ma partenaire, allez go ! j’y vais. Et tout ça, ça fait que quand tu arrives au relais et que tu clippes ton projet, wow ! Comme dit Nina Caprez, c’est la chaleur qui te prend et qui se répand en toi. C’est vraiment super.

Je te conseille VRAIMENT de refaire les voies. Si tu ne les as pas faites bien nickel comme tu le souhaites, refais-les. Ce n’est pas du temps perdu, bien au contraire.

Si cette vidéo te plaît, tu peux la partager. Je te remercie de l’avoir regardée jusqu’au bout. Je te souhaite bonne grimpe, bien sûr, et je te donne rendez-vous dans la prochaine vidéo. Ciao !

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Fabien 🙂