Voici un rappel sur les 6 piliers qu’il faut absolument avoir dans les fondations de son escalade, et un focus sur le 5ème Pilier : LE MENTAL !
Ces piliers sont indispensable pour pouvoir se faire plaisir et progresser rapidement.

Pilier n°1 : la souplesse

Le premier pilier de progression en escalade, c’est la souplesse. C’est hyper important d’être souple en escalade. Tu as beau être « musclor », si tu n’es pas souple, tu ne pourras jamais monter tes pieds. Tu ne pourras jamais faire des bons mouv’ amples, fluides et donc tu ne pourras jamais bien grimper.

 

Pilier n°2 : la technique

Deuxième pilier : la technique. La tenue de prise, les mouvements, savoir ce que c’est une lolotte, savoir ce que c’est une épaule, savoir ce que c’est une opposition, grimper en dulfer par exemple… Bon ça, c’est un peu plus rare, mais quand même ! Tout ça, ça fait partie de la technique.

C’est très important de maîtriser la technique en escalade. C’est même plus qu’important : c’est primordial !

 

Pilier n°3 : l'équilibre

L’équilibre, le positionnement, le placement dans la voie, le placement des pieds. Tu as déjà dû l’entendre des centaines de fois, on te le dit sans arrêt : « Il faut bien placer tes pieds. ».

Qu’est-ce que ça veut dire ?
Comment on fait ?

C’est un pilier sur lequel il y a beaucoup de choses à dire et à faire pour progresser en grimpe. On en reparlera prochainement.

 

Pilier n°4 : la tactique

Le quatrième pilier, c’est la tactique. Le rythme dans la voie, la lecture, la respiration. Ce sont des sujets dont on entend moins souvent parler.

Ils sont pourtant primordiaux. Quand on part bille en tête dans une voie, notre probabilité de réussir n’est pas aussi bonne que si on a pris le temps de lire la voie auparavant et d'établir un plan d’action et une tactique pour aborder cette voie.

 

Pilier n°5 : le mental

Le cinquième point, c’est le mental. C’est primordial ! J'en parle très souvent.

« Sans maîtrise, la puissance n’est rien. »

Tu as beau être le plus fort du monde, tu as beau serrer des crougnes, si tu as peur … Tu n’iras pas loin ! En tout cas, pas dans de bonnes conditions. C’est-à-dire que tu vas peut-être arriver à passer en force. Mais ce n’est pas ça que tu as envie de faire. Toi, tu as envie de bien grimper, de te faire plaisir avec des beaux mouv’, des mouvements amples, fluides. Tu as envie d’être détendu et d’être focus dans l’action. Et en même temps, tu as envie de profiter de ta journée et de ne pas être dans le stress.

Je le répète donc : le mental, c’est primordial.
Et en plus ça rime ! 😉

 

Le 6e pilier… Le plaisir !

Il existe un 6e pilier de progression en escalade, c’est le plaisir. Je ne détaille pas dans cet article en particulier, mais pour moi, ça va de pair.

Plaisir et progression, c’est le principal.

Sans plaisir il n’y a pas d’escalade. Et sans escalade… et bien, il n'y a pas de plaisir 😉

 

Retour sur le 5e pilier de la progression : le MENTAL

 

On a tous ce problème de peur à un moment donné. Même les plus grands ! C’est normal parce que c’est instinctif.

On n’est pas fait pour marcher à la verticale, on est fait pour marcher à l’horizontale. C'est aussi simple que ça.

Pour pallier le problème de peur, on se voit toujours proposer les mêmes solutions…

 

Solution n°1 : le “vaccin” (aussi appelé “l’école de vol”) 

La seule solution qui est souvent donnée est l’école de vol ! GE-NIAL !

Tu prends l’école.  Tu prends le vol. Deux choses que tu n’as pas envie de faire. C'est l’horreur !!

Si tu me connais, tu sais que ça m’énerve au plus haut point (peut-être encore plus que les chaussons). J’ai d’ailleurs déjà poussé un coup de gueule dans cette vidéo . Le principe, si tu ne le connais pas, est assez simple. Tu vas sur un mur avec une corde et puis tu t’enchaines des vols. Tu grimpes et puis à un moment donné tu te jettes ! Tu te jettes de plus en plus haut. Le but étant d’avoir de plus en plus peur. C'est comme si le fait d’avoir très, très, très peur, ça faisait qu’ensuite, les plus petites peurs, tu ne les ressens plus. C’est le vaccin en fait. Tu te fais vacciner et hop, tu n’as plus peur. Sauf que ça ne marche pas ! Enfin, ça peut marcher parfois, mais dans 90 % des cas, ça ne marche pas. Et c'est souvent parce que c'est mal fait. Ça peut même engendrer un traumatisme. Tu peux avoir tellement peur de l’école de vol que l'idée de l’école de vol devient quelque chose qui te fait encore plus peur que le vol en lui-même.

Donc, oublie l’école de vol. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire de vol. Au contraire ! Il faut en faire, mais de la bonne manière.

 

Solution n°2 : les conseils de Gautier SUPPER

J’ai interviewé, il y a quelques semaines, notre ami Gautier SUPPER. C'est notre champion national. Il m’a donné plein de conseils. Ces conseils sont extrêmement intéressants.

Évidemment c’est Gautier SUPPER.  C’est l'un des meilleurs mondiaux et c’est notre meilleur français. Donc, forcément, quand il parle, tu t’assois et tu écoutes.

Voilà ce qu'il dit :

Conseil 1 : améliorer ta concentration

En premier, il faut améliorer ta concentration. On va entrer un peu dans la technique. La peur c’est quoi ? La peur, c’est un défaut d’attention. Ce n'’est pas moi qui le dit, c’est Arnaud Ilgner. C'est celui qui a écrit le bouquin qui s’appelle : ” La voie des guerriers du rocher “. Pendant 20/25 ans, il a travaillé sur la problématique du mental en escalade. Il explique que la peur en escalade est liée à un défaut d’attention. C’est-à-dire que, quand on a peur, c’est que notre cerveau est en train d’écouter et de donner de l'importance à des informations que l'on devrait ignorer. Si on était bien concentré dans l’action. Si on réfléchissait à cette prise qu’on est en train de serrer, à ce pied sur lequel on est en train de pousser ou encore à la prise de main qu’on est en train d’aller chercher, on ne pourrait pas recevoir l’information qui dit : « J’ai peur, j’ai peur, je vais tomber. Le point, il est en dessous de moi à 1 m 50, j’ai peur… ».

La peur est donc un défaut d’attention ! Pour pallier ce défaut d’attention, la solution numéro 1 est d'améliorer ta concentration. C’est ce que nous dit Gautier dans son interview.

Par défaut, quand tu es en train de grimper, tu vas occuper ton cerveau à 60 ou à 70 %. Il reste 30 % de l'attention du cerveau qui n’a rien à faire. Du coup, tu regardes autour et tu te dis :  « Oh punaise, j'ai peur, je vais tomber.“.  À ce moment là, le cerveau n'a rien d'autre à faire. il prend l’information qui vient juste après celle qui dit : « Je suis en train de grimper » et c'est souvent celle de la peur, malheureusement. Si on donne à ces 30 % de cerveau restant quelque chose à faire du style chanter, siffloter, fredonner… On ne donne plus la chance à ces peurs de rentrer.

Conseil 2 : trouve un bon assureur d'escalade

Avoir confiance en son assureur, c'est primordial. J’ai partagé à plusieurs reprises une petite image que j’avais trouvé sur internet. Sur cette image, on voit un grimpeur qui grimpe et on voit celui d’en dessous qui dit :  « Vas-y à gauche, vas-y à droite, mets ton pied là, mets ta main… ». Celui du dessous saoule clairement celui du haut qui lui dit à un moment : « Mais ferme ta gueule ! ». C’est juste rigolo, parce qu’en fait souvent on dit  : ” Assure comme tu aimerais être assuré. “. Moi, je pense tout le contraire. Il faut assurer comme l’autre a envie d’être assuré. Parce qu’au final, on est tous différents. On a tous notre façon d’être, on a tous nos envies et nos besoins. Quand je grimpe, j’aime bien être dans le calme. Parfois, j’ai envie qu’on me donne des conseils et parfois non. 

Donc, à un moment donné, c’est à l’assureur de s’adapter au grimpeur et non l’inverse. Quand on se retrouve avec des gens qu’on ne connaît pas en qui on n’a pas 100 % confiance, c'est clairement une faille. C’est une sorte de fissure dans laquelle les peurs peuvent entrer instantanément dans le cerveau.

L'essentiel, c’est de communiquer avec son assureur d'escalade. C’est-à-dire qu’à un moment donné, il faut avoir le courage de parler à son assureur ou à son coéquipier et lui dire les choses en face. Voilà. On n’est pas là pour se mentir. On est là pour se faire plaisir en faisant un loisir et une passion en commun. À un moment donné, ce n’est pas la peine de dire à son assureur : « Tu m’assures super bien. Merci. », alors que dans les faits, tu as super peur. J'avais mis en ligne une vidéo à ce sujet un peu avant de partir grimper au Pérou. Dans cette vidéo, je disais que l'un des secrets du bon grimpeur, c’est de bien communiquer. C'est pareil en salle où on n'ose se parler les uns aux autres. On voit quelqu’un à côté qui est en train d’assurer n’importe comment et on n’ose pas aller lui dire parce qu’on a peur qu’il nous engueule. Ça n'a pas de sens.

Conseil 3 : chute régulièrement

Gautier le dit dans son interview, et moi je te le redis : pas de vol de 15 mètres parce que ça ne sert à rien ! Par contre, faire des petits vols souvent, c’est utile et excellent. Ce que je conseille à chaque fois, c'est de faire plein de petits vols.

Le mental c’est comme un muscle et tu vas le muscler. En faisant des petits vols régulièrement, tu vas le renforcer. 

Le conseil du soir : Chute ! Une fois par séance. Une fois par séance tu te dis « je me fais un petit vol », même au niveau du point ce n’est pas grave. C’est le principe de se lâcher, le principe de se laisser tomber, le principe de ressentir le vol, ressentir le fait de tomber. Les viscères qui remontent… Voilà ! C’est très important et ça va t’apporter beaucoup.

Conseil 4 : vérifie ton matos

Check ton matos parce qu’une des failles par laquelle la peur rentre dans ton cerveau, c’est le manque de confiance en ton matériel.

Le double check

Avant de partir quand tu es encordé, tu mets ton baudrier, tu le serres. Tu mets ton nœud de huit, tu le serres. Ensuite, ton coéquipier met la corde dans le descendeur, dans l’assureur, dans le système d’assurage. Il ferme son baudrier etc. Il mousquetonne, il ferme le mousqueton… Tout ces étapes, il faut les double checker. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que toi, tu fais tes vérifications sur toi et que lui, il fait les vérifications sur lui. Ensuite, c'est l'inverse : tu vérifies ce qu’il a fait et lui, il vérifie ce que tu as fait. Si c’est son nœud, tu tires dessus ! Et lui pareil, il va checker ton mousqueton en appuyant dessus. Il va voir si c’est bien fermé. Ça prend… 6 ou 7 secondes. Mais, c'est important. 

Ça veut aussi dire qu’une fois que tu es parti dans la voie, ton cerveau ne peut plus te dire : « Oh punaise, j’ai peur. Je ne suis pas sûr que l’autre a bien fermé son mousqueton. Son nœud, je n’ai pas vérifié. Si jamais il tombe, est-ce qu’il ne va pas tomber par terre ? ». Tu n’as pas ces peurs.

Le check de matos pendant la grimpe

C’est une technique que je donne aussi dans ma Formation Vidéos [ J’ai Plus Peur]. C’est le post-it à chaque clip. Tu es en train de grimper OK ? Tu arrives au niveau du point. Voilà, tu as le point qui est là et tu mets ta dégaine dedans et ensuite, tu viens mettre la corde dans la dégaine, OK ? Donc tu as clippé (je parle quand tu es en tête). L’idée, c’est de prendre deux secondes de plus pour dire, OK. Sur ce point, je vais mettre un post-it marqué béton. C’est-à-dire que j’ai checké le point et qu'il ne bouge pas. J’ai checké la dégaine, elle ne bouge pas. je l’ai mise dans le bon sens par rapport à où je vais. J’ai mis la corde dedans, tout va bien. C’est bon. Je mets un post-it dessus : clac, c’est béton !
Maintenant, je peux passer au-dessus et l’oublier totalement. À aucun moment, je ne peux avoir le doute et me dire : ” Est-ce que j’ai bien clippé ? Le point, il n’était pas pourri ? Parce que si je me plante là, il va tenir ? ». Le but de tout ça est d’éviter les pensées négatives.

Si tu arrives à appliquer ces conseils, tu vas grandement t’améliorer dans ton mental. Et le mental, c’est un des cinq piliers primordiaux pour ta progression en escalade. Donc, ça devrait déjà te faire progresser !

Si tu veux aller plus loin, il y a la Formation Vidéos [ J’ai Plus Peur]

Bonne grimpe et à très vite.

Ciao.

Fabien 😉