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Ce soir, j’ai grimpé ma 2e et 3e voie en tête – et pour la première fois, une voie que je n’avais jamais grimpée avant. J’ai démarré dans un 5c et je tremblais pendant les 3 premiers spits. Je pense que j’ai failli faire une crise cardiaque au 4e. La voie était trop dure. J’avais besoin de plus de pratique. J’avais oublié de me couper les ongles… Un million d’excuses couraient dans ma tête. Mais j’ai mis un essai de plus et j’ai réussi à passer le crux. À partir de là, mon mental a “ switché ” et je savais que j’allais réussir. Ca a été une telle émotion de toucher le relais ! Je n’ai jamais été aussi heureuse de voir un bout de chaîne ! Merci à mon assureur et à sa patience pendant que je combattais mes démons.” 

Élodie, 28 ans.

 

C’est avec joie que nous avons découvert cet e-mail d’une de nos lectrices. BRAVO Élodie et merci d’avoir accepté de partager cette expérience avec nous et les lecteurs du blog.

Il y a beaucoup de choses très intéressantes dans ce témoignage. Il y a beaucoup de sujets à développer, mais ils ont tous deux points communs :

  1. Ils ont trait à notre mental.
  2. Ils s’appliquent à tous les grimpeurs souhaitant progresser, débutants comme intermédiaires.

 

Le mental en escalade, c'est le cinquième point d’appui

 

Comme tu le sais, dans le cadre de mon défi 7a à vue, le gros de mon travail s’oriente aujourd’hui vers l’amélioration de mon mental. J’ai compris que c’était ça qui m’empêchait de progresser. Je suis déterminé à améliorer ma préparation mentale pour passer au-delà de la peur de la chute et de mes croyances limitantes.

À ce titre, j’ai eu la chance de rencontrer à plusieurs reprises Olivier Guidi, ex-gestionnaire du pôle Équipe de France d’Escalade et maintenant responsable de l’unité de “Préparation Mentale” du CREPS d’Aix-En-Provence. J’ai aussi pu participer à deux séances de coaching dans une salle d’escalade, avec des futurs encadrants Diplômés d’Etat, au cours desquelles, ils nous ont fait faire un bilan sur nos points forts et nos points faibles en grimpe.

Je teste en ce moment plusieurs méthodes et exercices d’entraînement simples. Je t’en parlerai très prochainement.

 

Les 3 clés du succès pour progresser en escalade

 

Comment faire quand notre mental nous dit : “ C'est impossible, je ne pourrai jamais y arriver…

Le témoignage d’Élodie est très parlant et met en avant les trois clefs du succès pour progresser en escalade.

 

1-  Se fixer un objectif = le point de départ

L’Homme est un animal social drogué à la reconnaissance et à la récompense. Se fixer un objectif de progression, c’est se donner la possibilité de l’atteindre et d’obtenir la récompense qui va avec, c'est-à-dire, le plaisir de l’accomplissement. Cela peut être de l’adrénaline, de la reconnaissance, un sentiment de bien-être, de fierté, un gain de confiance en soi… Cela a un effet positif, même en cas d’échec. La frustration de ne pas avoir atteint l’objectif est moins forte que celle de ne pas s’être donné les moyens d’essayer.

Est-ce que tu te fixes un objectif quand tu grimpes ? 

Attention, je ne parle pas uniquement d’objectifs à moyen ou long-terme comme celui de mon défi, je parle d’un objectif à court-terme. Par exemple :

  • lié à la voie elle-même, du type :  “ Mon objectif est d’arriver en haut de cette voie qui est beaucoup trop dure, coûte que coûte. ” ; 
  • lié à la séance, du type : “ Aujourd’hui, je ne vais pas grimper mon niveau max, mais je ne vais faire que du à-vue et demander à mon assureur de ne pas accepter de me prendre sec. Si je tombe, je tombe ! ” ;
  • ou bien en rapport avec la période. Par exemple : “ Pendant les 3 prochaines séances, je ne vais faire que de l’endurance dans des voies de niveau N-2 en grimpant avec les doigts tendus uniquement, pas d’arqués ! ”.

Dans les prochaines semaines, nous allons mettre à ta disposition un ensemble d’exercices sympas de ce type pour te donner des idées et t’aider à accélérer ta progression.

 

2-  Prendre conscience des pensées négatives

La peur et les croyances limitantes en font partie. Nous avons tous un “ système de sécurité ” qui nous protège. Avoir peur quand on pendouille dans un équilibre précaire à plusieurs (dizaines) de mètres du sol est normal. Mais pour progresser en escalade, il faut prendre conscience de cette peur et la comprendre. Est-elle rationnelle ou non ? Est-ce qu’il y a un réel danger ?

Nous pouvons combattre nos peurs irrationnelles et aussi dépasser nos croyances limitantes. 

Je développerai ce sujet en détail dans un prochain article.

 

3- Se préparer mentalement, physiquement et techniquement 

Cela peut paraître évident, mais pour progresser en escalade, il faut se donner les moyens d’y arriver. Se préparer pour atteindre un objectif, comme par exemple d'enchaîner ce 5c, ce 6b+ ou ce 7a+ qui nous fait de l’oeil, c’est mettre de son côté tout un ensemble de facteurs de façon à pouvoir se concentrer uniquement sur son escalade. Une bonne préparation aide en outre à combattre le stress pré-grimpe.

Elodie parle de pratique et de se couper les ongles. Elle a raison et ce n’est pas tout. Il y a plusieurs facteurs qui entrent en jeu dans la réussite d’un objectif.

  • L’entraînement. C’est-à-dire avoir une condition physique qui correspond à la voie envisagée, avoir le bagage technique pour faire les mouvements, etc.
  • La sécurité. C'est connaître l’ensemble des techniques, noeuds et manips impliquées dans cette ascension qui sont différentes selon si c’est une voie courte (couenne), une grande-voie, du bloc, etc.
  • La tactique. Apprendre à se créer un scénario en lisant la voie avant de partir. On peut aussi parler de visualisation. Comme le dit le préparateur physique en escalade Thomas Ferry : “ Visualiser, c’est déjà…grimper… ! ”. Je reviendrai sur ce point dans un prochain article.
  • L’environnement. Il faut se sentir en sécurité avec son matériel, avoir confiance en son partenaire de grimpe, se dégager l’esprit de ses soucis…

 

Voilà autant de sujets passionnants que nous allons continuer de développer dans les prochains articles, vidéos et podcasts du blog. Continue à nous suivre et en attendant, bonne grimpe !

Fabien

Pour aller plus loin, voici un article dans lequel je t’explique la “ Pyramide des Besoins du grimpeur ”.