L’escalade est un sport surprenant, car il y a un côté compét’ plus poussé que ce que l’on peut croire. Ça reste sympa et bienveillant, mais c’est quand même ultra challengeant.

C’est ce qu’on appelle “la compétition amicale”. Je pense qu’il est possible de progresser en escalade grâce à cette compétition amicale. Je pense que, quand on voit un copain passer une voie, on arrive à la passer subitement alors qu’avant on pensait que c’était impossible.

Voir nos amis réussir à atteindre le but fixé réveille en nous un enthousiasme qui nous motive à y arriver aussi, coûte que coûte.

Cette compétition amicale a des effets assez incroyables. Elle permet de repousser nos croyances limitantes et nos peurs. Elle nous pousse à nous dépasser sans réfléchir, pour atteindre les mêmes résultats que nos pairs.

Et ceci, quel que soit le but fixé : la première voie du débutant ou le projet du grimpeur averti.

Je me suis retrouvé, il y a quelques mois, à grimper une voie que je pensais « intouchable » car trop dure pour moi. Je te raconte ça ici et tu verras comment la compétition amicale a été la clé de toute cette aventure…

 

L’escalade, une histoire d’ego…

Je suis avec 3 grimpeurs que je ne connais que depuis quelques jours, rencontrés sur les falaises :

  • un « débutant » (5c-6a en moule) ;
  • un « j’ai pas peur » (6b à vue mais ouvre en tête -et chute sans crainte- dans des 7a) ;
  • et un « fort » (BE, niveau 7a à vue).

On fait deux cordées et je me retrouve avec le débutant.

Au départ, je dois l’avouer, je suis un peu vexé. Je me dis : « Si je veux progresser, je dois grimper avec les « forts » et non pas être le « fort » de quelqu’un.” Mais bon !

On ouvre quelques voies les uns à côté des autres.

Je regarde du coin de l’œil le « j’ai pas peur » se mettre des buts dans un 6c+. La voie en question fait 25m et alterne des pas de dalle et des sections verticales sur bonnes prises. Vue d’en bas, elle ne fait pas vraiment peur !

Il chute à 3 reprises dans le crux au 2/3 de la voie et le voir voler, sans sourciller, me fait beaucoup de bien.

Ça m’aide à « désacraliser » la chute et je me dis : « Franchement, il ne fait pas peur ce 6c+ il doit être surcoté, je pourrais le tenter » mais sans trop y croire quand même.

C’est à ce moment-là que le “ fort “ me demande :

– « Fabien, tu veux la grimper cette voie ?»

– Je réponds timidement : « euh… moui…»

– « Bon, tu la fait en tête, hein ! » Dit-il, tout en tirant la corde.

Quelques secondes passent, pendant lesquelles j’hésite à lui répondre : « Non, non, je vais y aller en moule d’abord, pour voir ».

Je l’aurais sûrement fait avec mes amis habituels. Mais comme je ne veux pas qu’il me juge une fois de plus comme faisant partie des débutants, je lui réponds, en me faisant violence (mais pas très sûr de moi quand même) : « Ah ben oui… Oui, oui, bien sûr ».

Au même instant, j’entends la corde tomber et il ne reste plus que les dégaines qui me narguent et me crient : « Viens nous attraper si tu peux ! ».

 

Et de conditionnement mental !

Au final, ça a été une bonne lutte avec des difficultés dès le premier tiers de la voie où je n’avais pas décelé le premier crux. Je ne l’ai pas enchaîné. J’ai demandé deux fois à mon assureur de me prendre sec. Je ne suis pas tombé (dommage, je n’ai pas réussi à aller jusqu’à ce stade de la « libération ») mais j’ai pesté.

J’ai surmonté ma peur en me rappelant que j’avais le niveau technique et que ce n’était qu’une croyance limitante qui m’empêchait de passer le pas.

J’ai sué et je suis passé.

Quelle victoire ! Quelle adrénaline ! Ça m’a donné le sourire pour toute la soirée 🙂.

 

La compétition amicale en escalade en 3 points clés

1- Prendre conscience de ses croyances limitantes

La compétition amicale est puissante, elle nous permet de nous dépasser. Quand un ami arrive à faire quelque chose, la possibilité d’y arriver prend le pas sur la peur de ne jamais y arriver. Notre énergie est alors positive et nous permet de surmonter nos peurs. On prend conscience de nos croyances limitantes et surtout, on les dépasse.

2- Se rendre compte de la limite de ce soutien amical

On n’a pas peur de montrer nos limites et/ou nos faiblesses à un ami proche, car on sait qu’on ne sera pas jugé. Pour tirer le meilleur profit de la compétition amicale, il faut donc des amis “ proches, mais pas trop “. Il faut qu’ils soient assez proches pour passer un bon moment dans la détente, mais pas trop pour donner de l’importance au jugement de l’autre et à son propre ego. Je t’invite à lire cet article pour bien choisir ton partenaire de grimpe.

3- Obtenir la récompense

Il est important de créer de l’émulation. Quand on a peur, on a tendance à vouloir grimper « une voie sur le côté », là où personne ne nous verra. À l’inverse, il vaut mieux s’entourer du soutien de ses amis. Le tonnerre d’applaudissements que déclenche l’arrivée en haut d’une voie marque nos esprits et permet d’associer de la positivité aux notions d’effort et de peur.

Voici, selon moi, une des clés de la progression en escalade.

Créer un environnement propice au challenge tout en gardant une atmosphère amicale et bienveillante où seules les émotions positives sont mises en avant.

 

Et toi ? Qu’en penses-tu ? As-tu déjà ressenti cette émulation entre amis ? Partage avec moi ton expérience en laissant un commentaire en dessous de l’article.

Merci. À bientôt & bonne compét’ amicale !

Fabien 🙂

Crédit photo: Fred Bruneau