Je passais mes séances à lutter.

Ma chère séance du mardi soir, ce moment de plaisir dans ma vie à 200 à l’heure, devenait une terrible source de frustrations.

“Allez, ce soir, tu fais de la tête”

Rien que d’y penser, j’en avais les mains moites.
J’avais beau m’y préparer.
J’avais beau tenter de me convaincre qu’il n’y avait pas de danger.

C’était toujours la même scène.
Tous les mardis.

Je choisissais une voie facile.
Pour “entraîner mon mental” comme je disais.

Je passais les premières dégaines.

Et là, ça basculait.

Rien que de m’imaginer passer au dessus du point : la peur m’envahissait.
C’était plus fort que moi.

L’image de ma chute potentielle prenait toute la place.
J’appréhendais terriblement cette sensation de me sentir tomber.

Je tentais de me raisonner. “Bon, y a pas de danger – Aller, go, maintenant, j’y vais !”

Bloqué dans la même position, mes pensées s’accéléraient à chaque fois que je tentais de me décider :

“et s’il n’y avait pas de prises ?”
“et si mes mains glissaient ?”
” et si ma partenaire n’était pas concentrée ?”
“est-ce qu’ils changent les cordes au moins dans cette salle ?”
“et si je chutais sur cette prise qui dépasse ?”
“ et si mon pied zippait ?”

D’ailleurs ma jambe tremble.

Ma peur a complètement pris le dessus.
Je me vois tomber.

Une longue chute interminable que ma partenaire ne parvient pas à assurer.
Ou une chute sèche et violente.
Au choix.

J’entends le vacarme de mon corps contre la paroi.

Je vois ma jambe se torde contre le module qui dépasse.

Parfois, j’ai l’impression que je vais mourir.

C’est trop.
J’abandonne.
Avant même d’avoir essayé…

Que faire quand la peur te prend ?

Quand ce genre de scènes s’imposent dans tes séances, la première chose à laquelle tu penses, c’est te raisonner.

C’est naturel.
Objectivement, il n’y a pas de danger.
Beaucoup de grimpeurs chutent.
Ton cerveau DEVRAIT comprendre ça.

Sauf que… NON.

Pourquoi te raisonner ne sert à rien ?

“La peur est plus persuasive que la raison.”

Damiaan DENYS, psychiatre et spécialiste de la peur au centre hospitalier universitaire d’Amsterdam, explique que “le sentiment de peur ne fonctionne pas selon des principes raisonnables (…)”

On sait bien souvent que la peur n’est pas raisonnable, mais cette conscience n’a aucun effet.
“La peur n’a rien à voir avec la réalité, mais avec l’image que l’on se fait de la réalité.”

Il faut donc apporter à son cerveau une autre image de la réalité.
Pas des arguments rationnels.

Pour ça, il faut comprendre la peur.
La décortiquer.
Et s’exposer à l’objet de la peur.
(Dans les règles)

C’est LE moyen scientifiquement reconnu aujourd’hui pour démontrer au cerveau émotionnel qu’il n’y a pas de danger.

Est-ce que le “vaccin” contre la peur la chute existe ?

Si tu as demandé autour de toi, le conseil n°1 est forcément sorti :

“Fais une bonne école de vol !”

Le principe ?
Tu te jettes.
Une fois, deux fois, 10 fois.

Et hop, t’es “guéri”.
Et tu peux te concentrer sur ta grimpe à 100%.
C’est magique.

Parait-il…

Le problème ?
C’est une exposition soudaine et violente à l’objet de la peur.

Pour qu’elle soit efficace, l’exposition doit être douce et répétée dans le temps.

Selon le psychiatre Christophe ANDRÉ dans son ouvrage Psychologie de la Peur,

“La solution n’est pas seulement de se confronter en force.
Elle est surtout dans la réussite émotionnelle de ces confrontations : si peu à peu j’ai de moins en moins peur, c’est que mon cerveau émotionnel a “compris” qu’il n’y avait pas de danger.”

2 bonnes raison de ne pas faire d’école de vol

Il y a donc 2 bonnes raisons de ne pas faire d’école de vol :

1. Il y a un risque.

C’est celui de te faire très peur et d’ancrer un moment traumatisant dont il sera difficile de te débarrasser.
Et il est très probable que ce ne soit pas fait dans de bonnes conditions de sécurité (matérielle et mentale).

2. Surtout, même si ça se passe bien, ça ne résout rien.

L’école de vol, c’est un peu comme tenter de soigner les symptômes sans essayer de comprendre les causes.

Cette “solution magique” n’agira pas comme un vaccin.
La peur va revenir.

Le vaccin contre la peur n’existe pas.
(sinon on serait tous déjà vaccinés)

Mais… ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de solutions.

La première chose à faire, c’est de comprendre et classer ta peur.

T’es-tu déjà demandé de quoi tu avais peur, au fond ?

 

La peur de la chute est un mélange de nombreuses peurs sous-jacentes :

– La peur de se faire mal
– La peur de la sensation de la chute
– La peur de ne pas savoir ce qu’il va se passer si tu tombes
– La peur de revivre une blessure, un traumatisme, une mauvaise chute
– La peur de s’engager au-dessus du point en tête
– La peur d’engager un mouv’
– La peur de tomber sur une vire
– La peur du vide
– La peur de ne pas y arriver
– La peur du regard des autres
– La peur de sortir de sa zone de confort
– La peur de la sensation de déséquilibre
– La peur (irrationnelle, on est d’accord) de mourir
– La peur… d’avoir peur !

Bref, autant de peurs que de grimpeurs.
Sans compter qu’elles s’alimentent bien souvent entre elles.

La bonne nouvelle ?
Ces peurs peuvent être classées en 3 catégories.

Et pour chaque catégorie, il y a un moyen simple d’agir pour que la peur ne prenne plus le dessus.

3 types de peurs à l’origine de la peur de la chute

Il y a donc 3 types de peurs à l’origine de la peur de la chute :

– Les peurs nécessaires : liées à un danger réel.

Exemples : il y a une vire; la voie est engagée; les premiers points sont espacés et tu risques un retour au sol, etc.

– Les peurs surperflues : liées à un danger perçu.

Exemples : la sensation de que tu vas “te fracasser” contre la paroi alors que tu es au niveau du point; la peur de ne pas trouver de prises alors que tu as largement le niveau, etc.

– Les peurs inclassables : liées à un manque d’information.

Exemples : le doute sur les qualités d’assureur de ton partenaire, sur ton matériel (que tu n’as pas vérifié), sur ton noeud (que tu n’as pas double-checké), la peur d’avoir raté une info dans le topo que tu as juste survolé, etc.

Grimper à ton meilleur niveau en permanence, c’est possible !

Tu peux tester la soit-disant “méthode miracle” de l’école de vol.
Ou alors tu peux suivre mon système : la Formation en ligne [J’ai Plus Peur!]

Mon système pour agir sur les 3 types de peurs

Une fois que tu as compris comment trier les peurs, l’action est assez simple.

1. Pour pallier les peurs liées au manque d’informations :

Avant chaque voie, tu t’assures que tu as donné toutes les informations nécessaires à ton cerveau.

Pour ça, tu peux suivre une check-list de toutes les informations primordiales à vérifier avant chaque voie.

2. Pour pallier les peurs nécessaires :

Quand tu te rends compte que le danger est réel, tu as deux choix :

– tu prends le risque et tu grimpes ;
– tu n’y vas pas.

Là, il est important que tu aies un processus décisionnel efficace.

Pour qu’au final, quand tu as pris la décision de grimper : elle est irrévocable.
Tu grimpes.
Sans te poser de questions.

Pour ça, tu peux suivre une méthode d’arbre décisionnel pour ne plus tergiverser quand la décision est prise. Je l’appelle la technique du “Go-NoGo”.

3. Pour pallier les peurs superflues :

C’est là que c’est intéressant.
On a tous peur en sachant qu’on ne craint rien, au fond.

Quand tu as identifié une peur superflue,
Que tu sais qu’il n’y a pas de danger,
Et que tu ne manques pas d’informations,

Alors la peur ne doit pas être écoutée.
Contrairement aux cas précédents.

Il faut donc que tu canalises ton attention.
Pour être focus à 100 % sur ta grimpe.

Pour ça, tu peux appliquer la technique du “GPS Attentionnel” qui te permet de canaliser ton attention à 100% dans ton escalade.

 

La peur qui te pourrit tes séances, ce n’est pas une fatalité.

Découvre ma formation en vidéo pour maitriser ces techniques, et bien d’autres, et grimper en confiance absolue dans toutes les circonstances.

La formation [ J’ai Plus Peur! ] a été approuvée par + de 500 grimpeurs depuis 2016. 👊🏻🤘🏻

Fabien 🙂