Pour beaucoup de grimpeurs en salle, la falaise est un objectif à moyen ou long terme. Si les techniques apprises sur la résine sont évidemment applicables sur le rocher, il n’en reste pas moins que ce sont deux techniques d’escalade très différentes.

Petit tour d’horizon des 5 différences majeures constatées par les grimpeurs.

 

Différence n°1 : la marche d’approche

En effet, rares sont les sites naturels où il suffit de traverser la route pour commencer à grimper. Souvent, il y a une marche d’approche à faire avec tout ce que cela implique de vérifier :

  • le sac est-il complet ? bien fait et confortable à porter ? Je t’invite à relire cet article à ce sujet ;
  • le timing doit intégrer l’approche et le retour. Dans certains cas, il peut y avoir presque autant d’approche que de temps de grimpe. Ce temps peut être mis à contribution pour s’échauffer par exemple ;
  • l’itinéraire relève parfois d’une chasse au trésor : «Arrivé au sapin recouvert de mousse, tourner à droite dans l’axe où la lune se reflète dans la rosée du matin… »  Ou encore « Du parking, suivre la combe évidente (qui n’a rien d’évident)… »

Différence n°2 : l’équipement en place

Une fois arrivé sur le secteur, après avoir bataillé à travers les herbes et les ronces, tu dois te repérer sur le topo et te préparer à grimper. Sauf qu’ici, pas de corde déjà en place ni d’équipement béton et standardisé comme à la salle.

Il faut apporter tes propres dégaines (et savoir les poser correctement) et ta propre corde pour grimper. Le grimpeur de tête devra également savoir poser une moulinette sur des relais qui peuvent être très différents : reliés ou non, avec ou sans maillons rapides, plaquettes ou broches inox, etc.

Évidemment, les prises ne sont pas marquées en falaise comme en salle. Si certaines sont recouvertes de magnésie et donc bien visibles, en général, il faut les chercher. Néanmoins, le rocher présente l’avantage d’être une surface où l’on peut généralement travailler en adhérence, contrairement au contreplaqué.

Les points sont parfois éloignés et l’engagement d’autant plus grand.

Les ouvreurs n’ont pas toujours la liberté de poser les points où bon leur semble contrairement à la salle qui propose un équipement régulier tout le long des voies.

En falaise, tu ne peux pas toujours voir le point suivant et tu dois continuer à grimper jusqu’à ce que tu le vois enfin. S’éloigner de la dernière protection sans avoir un objectif fixe, en s’appuyant seulement sur la confiance que tu as en tes propres capacités et en misant sur le fait que la solution va se présenter au fur et à mesure de ton ascension peut être très déroutant.

Différence n°3 : l’assurage

Pas de tapis en bas des falaises ! Il faut donc que tu sois très vigilant à l’assurage. Il est indispensable, par exemple, de parer le grimpeur de tête tant qu’il n’a pas clippé la première dégaine. Un retour au sol peut être très dangereux (pierres, racines, etc.).

Le grimpeur de tête doit également être conscient que la corde en dessous de lui ne suit pas toujours une ligne parfaitement droite. Du « tirage » peut apparaître et, dans des cas extrêmes, conduire à des chutes de facteur 2 alors même que le grimpeur est haut dans la voie.

Enfin, détail de confort, l’assureur pensera à prendre de quoi s’habiller chaudement, il fait parfois bien froid à l’assurage quand on est statique pendant de longues (dizaines de) minutes.

Différence n°4 : le vide

10 mètres de vide en falaise et 10 mètres de vide en salle ce n’est pas la même chose. La salle a parfois un côté très rassurant. À l’inverse, l’ambiance en falaise peut parfois être très angoissante, lorsqu’on est coincé dans le crux, au milieu d’une immense étendue rocheuse, brassé par un vent fort et avec un ciel menaçant au-dessus de la tête.

Personnellement, je trouve le rocher plus rassurant. Entendre sonner le creux en salle me rappelle trop de mauvaises écailles qui ont cassé en tirant dessus 🙂

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Différence n°5 : la verticalité

C’est assez surprenant parfois, mais à cotation égale, la falaise est généralement moins raide et verticale que la salle.

On se laisse alors à penser depuis le bas de la voie que « c’est facile »… détrompe toi ! 🙂

La verticalité parfaite est rare en falaise, il y a du raide, du très raide et puis des surplombs dévers et parfois des toits.

 

Voilà, je t’ai expliqué les 5 différences fondamentales entre l’escalade en salle et l’escalade en falaise. J’espère que cet article t’a plu.

N’hésite pas à nous donner tes impressions et à répondre à cette question dans les commentaires :

Et toi ? Qu’est-ce qui t’a le plus surpris lors de ta première sortie falaise ?

À bientôt & bonne grimpe !

Lilian