Lors de précédents articles, nous avons vu l’importance du rôle du partenaire de grimpe et les règles à suivre pour être un bon coéquipier. Si tu souhaites relire ces articles, c’est par ici :

 Es-tu un bon partenaire de grimpe ?

Assurage escalade : les règles à suivre pour être un bon assureur

Comment assurer entre le 1er et le 2ème point de la voie ?

Dans cet article-ci, nous allons aborder un sujet hyper important qui est celui de l’assurage dynamique en escalade.

Clémentine est une lectrice du blog. Elle m’a posé cette question :

« En ce moment, j’emmène souvent grimper deux amis « novices ». Je commence à leur apprendre les manips, mais le plus compliqué est de leur apprendre à dynamiser une chute (en tête). Je ne leur ai pas encore fait faire d’école de vol pour chuter et dynamiser. Leur premier réflexe quand je suis dans le dur et que je commence à zipper est de sécher…  »

Pour répondre à Clémentine et t’expliquer les bases de l’assurage dynamique et ce qu’il faut en retenir pour bien le maîtriser. J’ai repris les conclusions d’Adam Scheer, escaladeur et physicien. Tu verras, c’est super intéressant. C’est parti pour un assurage dynamique réussi.

 

L’assurage dynamique en escalade : les bases

 

Les grimpeurs cherchent sans cesse à améliorer leurs capacités physiques et leur technique de grimpe. Bien souvent, ils considèrent l’assurage comme un truc facile et acquis. Pour un grimpeur, une fois qu’il sait donner du mou, prendre sec et ravaler. C’est bon, il sait assurer. 

C’est faux !

Nous passons à peu près la moitié de notre vie de grimpeur à assurer. Chacun d’entre nous devrait tâcher d’améliorer ses techniques d’assurage tout au long de sa progression. C’est-à-dire apprendre et pratiquer les petites subtilités. Celles qui font la différence entre le « bon et le mauvais assureur ».

Voici quelques notions clés pour assurer dynamiquement une chute en tête. Garde les en mémoire. Pratique-les quand tu vas en salle à corde ou en falaise. Tes qualités d’assureur feront que tu n’auras plus jamais de problème à trouver un partenaire.

escalade-assurage-dynamique-climbing.com

Source : Climbing.com

 

Ce que tu dois connaître de l’assurage dynamique :

  • Assurer dynamiquement, c’est donner un peu de mou au moment où le grimpeur chute, de façon à ce qu’il ait perdu de la vitesse au moment où il tape la roche. Instinctivement, quand on est débutant, on a tendance à prendre sec, voire même à se jeter en arrière. En pensant bien faire, on diminue la longueur de corde et on impose au grimpeur un retour vers la roche plus rapide et donc un atterrissage plus brutal. C’est bien souvent la cause des blessures aux chevilles ou poignets.
  • Savoir assurer dynamiquement est d’autant plus important si tu es plus lourd que le grimpeur. À l’inverse, si tu es plus léger, la chute du grimpeur te fera décoller donc la chute sera automatiquement dynamisée. Si tu es un petit gabarit, cela ne doit pas t’empêcher de lire la suite de l’article 😉.

Tu dois savoir où est ton grimpeur et ce qu’il pourrait taper s’il chutait. Par exemple, il aura peut-être besoin d’un peu plus de mou s’il est au-dessus d’un toit pour pouvoir tomber en dessous et pas sur l’arête. Au contraire, tu devras peut-être le prendre un peu plus sec s’il est au-dessus d’une vire ou encore proche du sol.

 

Dynamiser une chute en escalade étape par étape

 

  • L’assureur saute au moment où la corde se tend pour retenir le grimpeur qui est en train de chuter. Ainsi, pendant un court instant, la force que l’assureur exerce sur la corde pour la retenir est moins grande. Cela allonge le temps de chute jusqu’à obtenir un équilibre des forces. L’arrêt du grimpeur est plus progressif. On pourrait faire la comparaison avec une voiture qui roule à vitesse constante et qui s’arrête soit en 10 mètres, soit en 20 mètres. Le « freinage » est plus doux dans le deuxième cas, car il a duré plus longtemps.
  • L’assureur doit être « léger » sur ses pieds et se tenir prêt à être tiré vers la paroi. Il doit garder ses jambes légèrement fléchies pour amortir l’impact.

Savoir sauter au bon moment est un savant mélange d’art, de sciences et de pratique ! L’idée, c’est de monter au moment où le grimpeur commence à mettre son poids dans la corde. Dans les faits, ça va très vite. Si le grimpeur n’est pas très haut au-dessus du dernier point, tu peux prévoir de sauter dès que le grimpeur commence à chuter. En revanche, si le grimpeur est très haut au-dessus du dernier point (2m ou plus… aaargh !), tu dois attendre une fraction de seconde avant de commencer à sauter.

 

3 erreurs à éviter lors de l’assurage dynamique en escalade

 

Voici trois erreurs courantes quand on débute dans l’assurage dynamique :
Escalade - Le facteur de chute - cas 1

  1. Donner plus de mou. On voit parfois des assureurs qui laissent traîner la corde devant eux. C’est-à-dire qui laissent 1 ou 2 m de mou au grimpeur. En pensant bien faire l’assureur augmente le facteur de chute et le freinage sera plus violent. Si le grimpeur chute de 3  m sur 6 m de corde, le facteur de chute est de 0,5. Si l’assureur rajoute 1,5 m de corde (chute de 4,5 m avec 7,5 m de corde disponible), le facteur de chute monte à 0,6. La force maximum est augmentée. Il sera plus difficile de retenir la chute et le retour du grimpeur sur la paroi sera plus brutal. Il ne faut donner du mou que dans le cas où il y a un obstacle à éviter. Je t’invite à relire cet article pour bien comprendre le facteur de chute.
  2. Sauter avec un mauvais timing. Si l’assureur saute trop tôt, son centre de gravité sera en train de descendre au moment où le grimpeur atteindra sa vitesse maximale. Il introduira le plus de force dans le système. Etant donné que l’assureur agit comme un contrepoids, s’il est en train de descendre, son poids ajoute aussi de la force dans le système. Il en résulte une force de choc plus grande. On obtient l’effet inverse de l’effet escompté.
  3. Se tenir très loin de la paroi et courir vers le mur. Cela n’adoucira pas la chute si le premier point est haut. C’est la trigonométrie qui le dit ;-). En outre, c’est prendre le risque de heurter quelque chose, de se blesser et/ou de perdre l’équilibre et de lâcher la corde ! Il est parfois difficile d’estimer à quelle distance de la paroi il faut se placer. Nous avons testé différentes distances dans la vidéo au début de l’article. Pour une chute d’environ 2 mètres : dans notre cas, mieux vaut se tenir à une distance comprise entre 1 m et 2,50 m de la paroi. Les grimpeurs de la vidéo font 50 kgs et 80 kgs. ► IMPORTANT : la distance de la paroi à laquelle tu te places peut varier en fonction du poids du grimpeur, de la hauteur de la chute potentielle, des éventuels obstacles sur la paroi, etc. Les distances que nous présentons dans la vidéo sont des INDICATIONS. Ce ne sont PAS DES RÈGLES absolues.NOTE : si tu n’es pas sûr de savoir comment assurer dynamiquement, nous t’incitons fortement à prendre un cours avec un encadrant diplômé ou un club. Il s’agit de ta sécurité et de celle des gens que tu assures !As-tu de l’expérience en terme d’assurage dynamique ? Souhaites-tu faire un commentaire ? Poste ta réponse ci-dessous.

    Bonne grimpe & à bientôt,

    Fabien