5 situations de peur de la chute en escalade : peur nécessaire ou peur superflue ?

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Si tu veux te débarrasser de cette peur de la chute qui, disons-le, te pourrit pas mal de séances, la première chose à faire est de classer ta peur.

Est-elle liée à un danger réel ? > Alors c’est une peur nécessaire

Ou à un danger perçu ? > Alors c’est une peur superflue

Pour commencer à différencier les peurs « nécessaires » et les peurs « superflues », je te propose un petit exercice.

Voici 5 situations où intervient la peur de la chute. Pour chacune d’entre elles, analyse la situation, la peur décrite est-elle liée :

  1. à un danger réel, à une peur nécessaire ?
  2. à un danger perçu, à une peur superflue ?
  3. aux deux ?

Cas 1

« Je suis dans une belle grande-voie au-dessus de l’eau. Je ne vois pas le point suivant. Je sais que si j’avance un peu plus, je ne verrai plus mon assureur.

Je sais que je vais devoir trouver mon itinéraire au fur et à mesure. Et si je me trompais de voie ? Et si les points disparaissaient ?

Je n’ai pas vérifié le topo, est-ce qu’il était écrit “coinceurs utiles” ou pas ?? Impossible de me souvenir.

Et puis cette corde, elle est vieille quand même… et si elle ne supportait pas ma chute ?? »

-> Peur nécessaire ou peur superflue ?

Cas 2

« Je me suis lancé en tête dans cette voie. Ça fait longtemps que je n’ai pas fait de tête. Je suis au niveau du 5ème point, j’ai du mal à comprendre ce que je dois faire pour aller au point suivant.

J’ai rencontré mon assureur le matin même, c’est un ami d’amis. Je jette un œil en bas, il ne me regarde pas, il discute avec la cordée d’à côté. Je ne sais pas s’il va bien m’assurer.

Je tente de me reconcentrer dans la voie. Objectivement, le point suivant n’est pas très loin, même si je tombe, je ne risque pas grand-chose.

Dès que je me décide pour tenter un mouv’, c’est plus fort que moi : je me vois en train de chuter. Une longue chute interminable que mon assureur n’arrive pas à arrêter.

C’est bête pourtant, il m’assure avec un grigri. »

-> Peur nécessaire ou peur superflue ?

Cas 3

« Je suis dans ma salle habituelle.

Mon partenaire m’annonce, “allez tu essaies en tête pour une fois”. Ça me glace le sang. Je me dis qu’il a raison, il faut faire de la tête pour progresser.

Je triple checke notre matériel, et je me décide à me lancer dans la voie. C’est très facile, bien en-dessous de mon niveau habituel en moulinette.

Mais rien à faire, dès le premier point, la peur me prend. Je revois les images de la mauvaise chute que j’ai faite il y a 6 mois.

Ici, dans cette même salle,

Certes, c’était une voie plus dure, avec un autre partenaire.

J’avais osé prendre un vol, et c’est ma cheville qui a amorti la chute. Résultat : entorse et une grosse frayeur.

Depuis, impossible pour moi d’envisager la chute.

Mais rationnellement, il n’y a pas de raisons, je ne tombe jamais dans cette voie. Il n’y a aucune raison que je tombe en tête.

Les images de mon entorse sont trop fortes. Je ne veux plus revivre ça, je fais demi-tour… honteux. »

-> Peur nécessaire ou peur superflue ?

Cas 4

« Le topo annonce une voie exposée.

Pourtant c’est largement dans mon niveau, je sais que je peux le faire. Je regarde la voie d’un peu plus près, le premier point est loin, et ohlàlàlà.. le deuxième est à des kilomètres.

Il y a une vire entre le deuxième et le troisième point.

Vue la cotation, je sais que c’est largement dans mon niveau et que mon partenaire va encore se moquer si je n’essaie même pas, mais rien à faire : j’ai peur.

Le truc, c’est que ce soir je m’occupe de ma fille seul. Je n’arrive pas à m’enlever de la tête la scénario catastrophe “je me blesse, je vais aux urgences… qui va s’occuper d’elle ?”.

Bon et pourtant il y a toujours une part de risque dans l’escalade, et là c’est largement mon niveau.

Je n’arrive pas à me décider. »

-> Peur nécessaire ou peur superflue ?

Cas 5

« J’arrive au niveau du 4eme point d’une voie verticale. Je clippe.

Je sais que deux prises plus haut, c’est le crux de la voie.

Mon partenaire y met toute sa bonne volonté : je sais qu’il est avec moi, qu’il assure bien, on a double-checké le matos et les nœuds, il me dit que j’ai largement le niveau et que vue la configuration de la voie je peux tomber tranquille “il ne va rien se passer”.

Mais c’est plus fort que moi, rien que de m’imaginer passer au-dessus du point : la peur m’envahit.

L’image de ma chute potentielle prend toute la place.

J’appréhende terriblement cette sensation de me sentir tomber. Bloqué dans la même position, mes pensées s’accélèrent à chaque fois que je tente de me décider : “et s’il n’y avait pas de prises ?” “et si mes mains glissaient ?” “ et si mon pied zippait ?”… d’ailleurs ma jambe tremble.

C’est trop.

J’abandonne.

Avant même d’avoir essayé… »

-> Peur nécessaire ou peur superflue ?

***

Que penses-tu de ces situations ?

As-tu réussi à classer ces peurs ? Dis-le moi en commentaire !

Réponse par email dans 3 jours 😉

Fabien

Crédit Photo : Maud, au crux d’une grande-voie au cours d’un stage Atelier Grande-Voies.

Rejoindre la discussion 17 commentaires

  • Eric dit :

    Bonjour Fabien, et merci pour tes articles !

    J’ ai l impression d avoir beaucoup progressé ou d être en voie de progression à l’ aide de tes conseils (meilleure respiration, économie musculaire, lecture…). Je me suis d ailleurs remis depuis deux mois à ne plus grimper quasiment qu en tête (en salle).

    Concernant le sujet du jour.
    Cas 1
    C est une peur superflue que de se dire que l on va découvrir la voie ! C est la beauté de la grimpe…
    Ne pas relire le topo avant de se engager dans une grande voie, c est un danger réel auquel on s expose… Peur nécessaire.
    La corde vieille, on la change. C est dangereux… Peur nécessaire.
    Cas 2
    Le pote de pote c est pas un problème si je l’ ai testé, mais s il fait la causette avec le voisin, c est pas rassurant. Il y a des risques car il peut manquer d attention. Pour lui, pour moi. Le matériel ne fait pas tout. L assureur peut faire la différence dans une grosse chute. Pour moi c est une peur nécessaire, d autant qu une chute juste avant le point signifie un bon gros plomb si les points sont éloignés.
    La peur liée au manque de pratique en tête est un superflue en revanche. Faut bien reprendre un jour. En plus si la voie est facile…
    Ca3
    Avec un bon partenaire attentif, dans des conditions idéales de sécurité (points contrôlés, tous les mètres, cordes changées régulièrement, tapis de chute au sol), aucune raison d avoir peur. Peur superflue…
    C est pas parce que je me suis déjà fait mal que ça va se reproduire… Et je peux me tordre la cheville sur le plancher des vaches.
    Cas 4
    Ben j’ ai le niveau, je suis bien assuré, j’ ai le bon matériel et le relais est correctement équipe ? Y a pas de risque objectif. J y vais sans crainte et je me concentre sur ma grimpe. Fallait pas aller grimper si tu avais peur de laisser ta fille seule. Peur superflue !
    Cas 5
    Pour moi ce n’ est pas une situation a risque. On a passé le cap du deuxième point, on ne retombera pas au sol et sans toucher d obstacle vue que la voie est verticale. Par contre, faut travailler le mental et se calmer, ou alors faire une petite école de chute… Peur superflue ?

    • Bezborodko dit :

      Bonjour Fabien,
      Cas 1 : peur superflue. Il est fréquent que l’assureur ne voie pas le grimpeur, les points disparaissent rarement, si on voit « coinceurs nécessaires », en général on s’en souvient ! Une corde ne vieillit pas toute seule, comme ça en 1/2 longueur de voie… Mais peur utile car il est effectivement temps de se concentrer sur l’essentiel ici, la recherche de l’itinéraire.
      Cas 2 : peur superflue et contre-productive. Par contre, profiter de ce moment de réflexion pour rappeler à son assureur qu’on est pas là pour faire le beau parleur, l’assurage de quelqu’un c’est important ! Et le soutien psychologique de l’assureur est important !
      Cas 3 : peur superflue mais justifiée. Peut être que commencer par de tous petits vols, en vertical ou surplombant, en salle, sans retour au sol possible, avec dégaine d’abord à la ceinture, puis au genou etc… Déjà, ça apprend à se réceptionner.
      Cas 4 : peur vraisemblablement injustifiée, mais il est urgent de renoncer. C’est exposé, donc dangereux, et l’état mental décidément pas suffisant. C’est un coup à faire un vol exactement au mauvais endroit !
      Cas 5 : peur évidemment superflue, mais tellement naturelle. Il peut être utile à ce moment là de se faire reprendre, prendre du recul, reprendre confiance dans la chaine d’assurage, pourquoi pas faire un tout petit vol de rien du tout, histoire de décompresser, d’évacuer par une expérience positive le mauvais film que l’on est en train de se faire.

    • Ciel Satanas dit :

      Bonjour Fabien,

      J’estime que seul le cas n°1 est une peur nécessaire, il cumule plusieurs dangers potentiels, s’égarer dans une zone dangereuse (équipement absent ou obsolète) , ne plus être en contact ni visuel et ni auditif avec son assureur, de ne pas avoir le matériel nécessaire à la sécurité et/ou a la progression, avoir du matériel en mauvais état.

    • delaporte dit :

      CAS 1 : P Necessaire

      CAS 2 : P Necessaire

      Cas 3 : Psuperflue

      Cas 4 : P Ssuperflue

      Cas 5 : P superflue

    • JULIEN dit :

      Bonjour,

      Pour moi :
      1- peur nécessaire, mais évitable en consultant le topo attentivement. On ne part pas dans une GV comme dans une promenade en forêt…
      2- A priori, le grigri semble sûr, mais certains grimpeurs donnent du mou en bloquant la came à pleine main… ils croient bien faire, mais c’est très dangereux si le gars n’est pas attentif. C’est un ami d’ami, donc a priori je le connais mal… Peur nécessaire! On ne choisit pas un assureur comme un partenaire de belote!
      4- La voie est exposée, un retour sur vire est possible en cas de vol… même si j’ai le niveau, une prise peut toujours casser. L’acceptation d’un risque réel est nécessaire pour s’engager dans ce genre de voie, niveau ou pas… Peur nécessaire. Qui dirait que tant qu’on a le niveau le solo n’est pas dangereux?

  • Surcouf Johanne dit :

    Je dirais cas 1 et 2 peur nécessaire,
    Cas 3 et 5 superflue et cas 4 un peu les deux…

  • Michel dit :

    Alors moi Je dirais.
    Cas 1 les deux
    Cas 2 et 3 nécessaires
    Cas 4 et 5 superflues.

  • Mathieu dit :

    Salut Fabien je suis exactement dans cette situation qui me bloque énormément ( permettre de dépasser la barrière du 6a) sauf que j’ai vraiment cette apréhention qui menpeche de faire jusqu’au bout les voie que je veut faire .

  • Caubet dit :

    1- superflue
    2- nécessaire
    3- superflue
    4- nécessaire
    5- superflue

  • Philippe dit :

    1, 2 et 4 : peur necessaire
    3 et 5 : peur superflue

  • Krystel dit :

    1 nécessaire
    2 necessaire
    3 superflue
    4 nécessaire
    5 superflue

  • Lola dit :

    Bonjour, je pense que le cas numéro 1 et une peur nécessaire et superflue. Le cas 2, une peur nécessaire. Les cas 3, 4 et 5 des peures superflues.

  • sylvie dit :

    ciao,1 necessaire
    2à 5 superflues

  • clm dit :

    Bonjour Fabien

    Article et réponses intéressantes !

    Cas 1 : ne pas voir le point suivant, ça arrive. Ce qui me gêne, ne pas avoir anticipé (lu le topo, vérifié les éléments de sécurité : état de la corde, besoin ou non de coinceurs …). Le grimpeur ne devrait pas se retrouver dans cette situation.

    Cas 2 : peur nécessaire : si j’ai des doûtes sur mon assureur, je ne prends pas de risque, quitte à arrêter de grimper. La confiance est nécessaire pour moi !

    Cas 3 : peur superflue, il faut essayer et oser (cela peut être sur une voie très très facile pour reprendre confiance)

    Cas 4 : si la voie est trop engagée, avec risque de retour au sol, peur nécessaire. Je choisis une autre voie.

    Cas 5 : J’ai confiance en mon assureur, pas de risque de retour au sol : peur « réelle » mais superflue (et j’essaie de m’en convaincre !)

  • Daniel dit :

    La 1 est nécessaire =averti de plusieurs inconues qui peuvent être dangeureux
    La 4 nécessaire = risque de bléssures en tombant sur la vire
    Le reste est plus tot superflue

  • Michielsens dit :

    Bonjour
    Je suis dans le cas numéro 5
    Merci

  • Chaoui dit :

    Cas 1 nécessaire
    Cas 2 nécessaire
    Cas 3 superflu
    Cas4 nécessaire
    Cas 5 superflu

    Karim

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